les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

chrcan
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les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par chrcan » 23 janv. 2017, 14:50

Je ne vais pas vous faire tout l'historique du Moulin de Montaigu car il existait déjà un moulin de Montaigu en 1066.

Pour ceux que ça intéresse, j'ai retrouvé l'article de mon "cousin" Eugène CANIVET (1812-1889) sur les émeutes de 1812 qui amenèrent une foule en colère et surtout affamée de la Halle (Saint-Sauveur) au Moulin de Montaigu.

En revanche, je vous passe ici plusieurs articles de la presse caennaise sur l'incendie qui a entrainé la fin de l'activité minotière dans ces lieux.

A l'aube de la Troisième République naissante, la chute du Comptoir d'escompte de Caen entraîne la faillite de l'ancienne Société de la minoterie. En août 1876, le moulin est loué à un dénommé Lebreton, marchand de grains à Caen, dont le père exploite déjà la minoterie de Courgain, à May-sur-Orne

Le dimanche 3 juin 1877, les ouvriers avaient travaillé jusqu'à l'aube. En fin de nuit, plusieurs incidents s'étaient produits sur la machinerie, plus précisément les deux colonnes verticales (les râpes) destinées à broyer le grain. mais quelques seaux d'eau avaient apparemment suffi à refroidir ces échauffements. Toute la mécanique fut nettoyée et ceci fait, dimanche faisant, chacun rentra chez soi, hormis un jeune ouvrier qui dormait au moulin. L'incendie se déclara en fin de matinée. Le premier à l'apercevoir fut le passeur du bac, tout proche, qui vint au secours du jeune ouvrier endormi. Malgré des dizaines de pompiers et de soldats du 36ème de ligne, l'incendie ne put être circonscrit. Même s'ils étaient assurés, les bâtiments, matériel et marchandises n'étaient pas estimés à leur valeur. Ainsi, si 800 sacs de blé, farine et son, estimés à 30,000 francs, sont partis en fumée, c'était le double de ce qui était couvert par l'assurance. La ruine était donc totale.

Il s'agit alors de trouver une nouvelle activité aux lieux. Son sort oppose deux factions du conseil municipal ainsi que les deux principaux journaux de la ville. D'un côté, les partisans du maire BERTAULD, de l'autre ceux de M. TOUTAIN, qui soutiennent le projet d'un certain REMY en vue de transformer les lieux en tannerie. Les tanneries ont mauvaise réputation ; elles seraient le foyer d'épidémies de choléra. En mai 1879, la commission d'hygiène émet un avis défavorable alors qu'il existe déjà dans le quartier des activités polluantes (un clos d'équarrissage, deux dépotoirs, deux cimetières, une fabrique d'acide, l'usine à gaz et des abattoirs). Le préfet suit l'avis de la Commission et rejette le projet (6 mai 1879). Mais sa décision est cassée par le Conseil d’État qui, par un arrêt du 4 juin 1880, autorise la transformation du moulin en tannerie, sous un certain nombre de conditions. REMY peut se mettre à la tâche.

Malheureusement, ces années d'investissements, financiers et humains, seront vite vains. Les lieux sont définitivement détruits par un (nouvel) incendie en juillet 1904.

Image
Le moulin de Vaucelles dit de Montaigu (Cliché Tillard 1851-1859) source : Autreepoque59 sur Delcampe

SOURCES (sur le site des AD14)

Le Bonhomme Normand 09/06/1877
lncendie de Montaigu.
La Minoterie de Montaigu,qui a joué un rôle important dans les tripotages du Comptoir d'escompte de Caen, a été détruite dimanche par le feu. L'immeuble appartient, ainsi que le matériel, à M. Bénard, propriétaire, rue d'Auge ; l'usine était louée, pour 4,500 fr., à M. Lebrethon, négociant en grains, qui l'exploitait. Les ouvriers avaient travaillé toute la nuit ; à six heures du matin les machines avaient été arrêtées; jusqu'à huit heures, on avait procédé au nettoyage; à neuf heures et demie, un jeune homme du nom de Vincent, resté de garde, se couchait et s'endormait. A onze heures et demie, il était réveillé par le bris de la porte d'entrée du moulin et par les cris : Au feu ! poussés par M. Colin, passeur de la barque. Quelques instants après tout était en feu; mais heureusement, un chauffeur avait eu le temps d'ouvrir la soupape de la chaudière.
A midi un quart, le tocsin sonnait ; — vers une heure, on attaquait le foyer et on faisait la part du feu.—A quatre heures, le travail se ralentissait;—à six heures, M. le préfet faisait demander un supplément de vingt hommes à la caserne; —à dix heures et demie, M. Froger, de Condé sur-Noireau, propriétaire de l'effilocherie établie à quelques mètres des bâtiments 'incendiés, réclamait des secours pour préserver ses ateliers menacés et non assurés; - à 11 heures et demie, M. Levard se rendait sur le lieu du sinistre. —Malgré un travail incessant, le foyer était toujours intense.—Lundi dans l'après-midi, les madriers placés au-dessus de la machine étaient encore en feu et on songeait seulement à les éteindre.—Mardi M. Lebrethon réclamait de nouveaux secours pour finir d'éteindre le feu encore vivace dans un tas de charbon, Mercredi, on a commencé à démolir. Le feu a pris naissance dans le nettoyage; on l'attribue à réchauffement d'un arbre tournant avec une extrême rapidité. Déjà la veille et la nuit des échauffements semblables avaient été remarqués et conjurés avec quelques seaux d'eau. Mais par une négligence incroyable, nous dirions presque coupable, aucun de ces accidents n'avait été signalé à M. Lebrethon. Les bâtiments étaient assurés à l'Union pour 35,000 fr. ; les machines et le 'matériel pour 15,000 fr. à l'Union et 30,000 fr. au Phénix ; les marchandises étaient assurées pour 15,000 fr. à l'Union, et 15,000 fr. à la Caennaise. Les bâtiments n'étaient pas estimés à leur valeur ; la machine et l'aménagement, devenus la propriété de M. Bénard par suite d'une résiliation de bail avec le syndic de la Minoterie, étaient parfaitement installés. - Pour M. Lebrethon les pertes sont : 800 sacs de blé, farine et son, estimés 30,000 fr. ; en plus, une somme de 10.000 fr. pour matériel roulant, charbon, poches, etc. Il n'est assuré que pour 30,000 fr.

Dimanche, le feu s'est déclaré sur le Cours dans le creux d'un arbre assez éloigné du heu de l'incendie. - Dimanche et lundi, on répandait le bruit que deux arrestations ayant trait à cet incendie avaient été opérées; il n'en est rien.—90 pompiers se sont rendus à l'appel du tocsin; trois ont été contusionnés; un d'eux assez sérieusement.—Du reste dans cette triste circonstance, tout le monde a fait son devoir : autorités, pompiers, militaires et particuliers ; mais il eût été possible d'utiliser plus efficacement tant de bonne volonté et de dévouement.


Le Journal de Caen 04/06/1877

INCENDIE DE LA MINOTERIE DE MONTAIGU
Hier, vers midi, un violent incendie a détruit la minoterie de Montaigu, située au haut du Grand Cours, sur l'Orne, appartenant â M. Renard, propriétaire à Caen, et exploitée par M. Jules Lebreton, négociant en farines dans notre ville.

Nous devons dire tout d'abord que les résultats de l'enquête font écarter l'idée de malveillance comme cause première du sinistre. Nous croyons devoir faire cette déclaration tout d'abord pour éviter que l'opinion ne s'égare, car la faillite de la minoterie de Montaigu avait été prononcée par le tribunal de commerce.

Le travail avait cessé le dimanche matin, à six heures; le nettoyege des machines avait duré jusqu’à huit heures et demie, heure à laquelle les ouvriers étaient allés déjeuner. Le contre-maître s'était ensuite habillé pour sortir et avait laissé dans la minoterie le jeune Gustave Vincent, après lui avoir enjoint de fermer la porte.Celui-ci, après avoir exécuté l'ordre, s'était couché.

Vers onze heures, le sieur Colin, passeur du bac, aperçut une épaisse ruinée sortant des bâtiments. Il se précipita aussitôt dans la minoterie et se dirigea vers le lit de Vincent qu'il trouva dormant profondément. La fumée envahissait déjà cette partie de construction. Vincent se leva à la hâte et se dirigea versl'appartement où était le foyer de l'incendie, qu'il chercha à éteindre, aidé du sieur Colin. Mais en sortant pour aller chercher du secours, il tomba suffoqué.

On essaya de se servir d'une petite pompe à main qui, malheureusement, n'était pas en état. Le feu avait pris dans un endroit où sont placées deux colonnes verticales qu'on appelle les râpes, destinées à broyer le grain.

On suppose que la rapidité de la rotation a pu produire dans cette partie des machines un échauffement assez grand pour mettre le leu à une couche épaisse de poussière de grains, qui se trouvait amoncelée là, et où il aurait couvé. Les sapeurs-pompiers de la ville, commandés par leurs officiers, sont arrivés rapidement sur le lieu du sinistre. Le piquet de service de la caserne de Vaucelles s'est porté aussitôt au secours des bâtiments incendiés.

Malheureusement, la nature de la construction et les matières qu'elle renfermait présentaient un aliment à l'incendie, et on a dû se contenter de protéger les maisons voisines. La maison d'habitation n'a pas été atteinte.

A la nouvelle de l'incendie, toutes les autorités de la ville se sont transportées sur les lieux. Nous avons remarqué M. Prétavoine, secrétaire général, M. le vice-président du conseil de préfecture, M. Bertauld, sénateur et maire de la ville, MM. les adjoints, M. le procureur de la République, M. le juge d'instruction, M. le colonel du 36è de ligne, le commandant de place, ainsi que beaucoup d'officiers de la garnison.

Les pertes sont évaluées de 115,000 à 140,000 fr. Les dégâts, pour le propriétaire, M. Bénard, sont estimés à 80,000 fr., pour le bâtiment, les hangars et la machine, couver ts en totalité par deux assurances ; M. Lebreton, pour des marchandises diverses, a subi une perte de 35,000 à 40,000 fr., Mis il était assuré que pour 30,000 fr., à deux assurances; c est donc une perte de 10,000 fr. qu'il éprouve par suite de ce sinistre, qui laisse six ouvriers sans travail.

M. le préfet, absent de Caen au moment où le feu a été découvert, s'est immédiatement rendu sur les lieux lorsqu'il est rentré et ne s'est retiré qu'après s'être assuré que tout le danger avait disparu.

M. Lavalley-Duperroux, lieutenant de la compagnie des sapeurs-pompiers, a été complimenté par M. le préfet pour sa belle conduite dans cette circonstance.

Deux accidents sont arrivés dont l'un pouvait avoir des suites graves. Un pompier, M. Ravent, a été atteint au pied. M. Montel, horloger, rue Graindorge, récemment nommé caporal dans la compagnie a été enseveli dans la nuit sous des décombres en faisant procéder à la démolition d'une charpente. On l'a retiré la tète assez fortement atteinte. Fort heureusement, son état n'inspire pas d’inquiétudes.

Chose assez singulière, le feu a pris de l'autre côté de la rivière, dans l'intérieur d'un vieil arbre du cours sur lequel il était tombé quelques flammèches.

Autre détail ! on aurait volé au concierge de l'usine, pendant l'incendie, une somme de 80 fr. en or, une montre, un collier et une croix en or.

P.-S. On nous dit que le matin du sinistre, vers 5 heures, le rhabilleur du moulin avait constaté que le feu avait pris à la pointe de la colonne du nettoyage, qui tourne avec une rapidité prodigieuse, et il avait dû jeter plusieurs seaux d'eau pour éteindre ce commencement d'incendie.



Le Journal de Caen 07/06/1877

L'INCENDIE DE LA MINOTERIE

A propos de l'incendie de la minoterie de Montaigu. on avait dit que des arrestations avaient été faites ; c'est inexact. Des employés de l'établissement out été appelés seulement pour donner des explications sur les causes du sinistre qui parait accidentel

La faillite de l'ancienne Société de la minoterie avait été une des conséquences de la chute du Comptoir d'escompte de Caen. Cet établissement a été loué au mois d'août dernier par M. Lebreton, marchand de grains à Caen, et était exploité par lui, mais sans aucune solidarité avec l'ancienne administration.

Les grains que M. Lebreton avait dans l'établissement au moment de l'incendie n'étaient pas assurés en totalité. La perte qu'il subit est environ d'une dizaine de mille francs. M. Lebreton va néanmoins continuer ses opérations commerciales avec ardeur, car il a à sa disposition le moulin de son père, connu sons le nom de minoterie de Courgain, et situé à May-sur-Orne

Nous avons dit que chacun avait fait son devoir à l'incendie, nos pompiers comme les soldats du 36ème de ligne, qui étaient accourus dès le premier appel, conduits par leurs officiers.

A cette occasion, M. le maire de Caen a adressé à ceux-ci de justes remerciements dans la lettre suivante, qu'il a écrite à M. le colonel Lucas et qui a été mise à l'ordre du jour du régiment :
« Monsieur le colonel,
« Dans le sinistre incendie qui a eu lieu, les officiers, sous officiers et soldats du 36' de ligne ont rivalisé d'empressement, d'activité et de courage pour arrêter les progrès du feu. L'administration municipale les remercie bien cordialement du concours si utile qu'ils ont prêté à nos sapeurs-pompiers. Sans leur vaillante coopération, l'incendie aurait eu certainement des effets encore plus désastreux. En vous priant, Monsieur le colonel, de leur transmettre l'expression de notre reconnaissance, permettez-moi de vous offrir, à vous personnellement, nos remerciements empressés pour la bonne volonté avec laquelle, en cette circonstance comme toujours, vous avez secondé l'administration municipale. « Daignez agréer, etc.
Le Maire de Caen, • BERTAULD. »

Nous avions dit que le sieur Collin, batelier, avait réveillé à temps un jeune homme qui gardait le moulin. C'est en défonçant la porte d'entrée qu'il avait pu pénétrer dans le Moulin. Peu d'in-tants après le moment où Collin a arraché de son lit le jeune Gustave Vincent, qui dormait profondément, il eût été trop tard pour le sauver, car les flammes envahissaient déjà cette partie de la minoterie, et toute chance de salut eût été impossible pour lui


L'ami de l'Ordre 10/06/1877

Incendie. — Dimanche, vers, 11 heures, un violent incendie a éclaté dans la minoterie de Montaigu, située, au haut du Grand Cours, sur l'Orne, appartenant à M. Bénard, propriétaire à Caen, et exploitée par M Jules Lebreton, négociant en farines.

Le feu a pris dans un endroit où sont placées deux colonnes verticales qu'on appelle les râpes, destinées à broyer le grain. Le matin même, à 5 heures, le rhabilleur du moulin constatait que le feu prenait naissance à la pointe d'une colonne et s'empressait de l'éteindre en jetant plusieurs seaux d'eau. La machine de l'usine fut arrêtée à 6 heures, les ouvriers s'en allèrent; un gardien, qui restait, se coucha. Il est probable que le feu, mal éteint, s'est peu à peu ranimé pendant son sommeil et qu'il était communiqué rapidement aux planchers, échauffés par la haute température qui règne habituellement dans ce local, autrefois affecté à une filature.
Les sapeurs-pompiers, commandés par leurs officiers, sont arrivés rapidement sur le lieu du sinistre ainsi que le piquet de service de la caserne de Vaucelles. Toutes les autorités de la ville se sont également rendues à la première alarme. L'après midi de dimanche et une partie de la nuit ont été consacrées à éteindre l'incendie. Les pertes sont évaluées de 115 à 120000 francs. Elles sont couvertes presque en totalité par deux assurances. Deux pompiers, MM. Mousset, caporal, et. Binet, sapeur, ont été contusionnés par des éboulements.



L'Ordre et la Liberté 04/06/1877

Incendie de la minoterie de Montaigu.

Un sinistre d'une importance relativement considérable a éclaté hier dans notre ville. A l'heure où nous écrivons ces lignes, la grande usine de Montaigu assise sur la rive droite de l'Orne, est en majeure partie détruite.

Vers onze heures trois-quarts du matin, des voisins virent une fumée intense sortir du bâtiment situé entre la machine à vapeur et la minoterie qui longe la rue de la Requête. Ils accoururent aussitôt donner l'alarme et on se mit immédiatement en devoir d'organiser les secours. Mais la violence du feu était telle qu'en peu de temps le bâtiment entier et les marchandises qu'il contenait devinrent la proie des flammes activées par une forte brise qui chassait la fumée vers la ville et transportait à une grande distance des brandons enflammés.

Grâce aux secours qui furent organisés le plus rapidement possible, on a eu le bonheur de préserver la maison d'habitation et la filature où MM. Froget. de Condé, viennent d'installer un certain nombre de métiers. Le feu s'est arrêté à la porte cochère. La minoterie, comme nous l'avons dit, est entièrement détruite et les murs ne pourront rester debout, pas plus que la cheminée, dont la base en pierre de taille a été rongée par les flammes. — Le bâtiment qui fait face au Grand-Cours et où était située la machine à vapeur n'a été brûlé que dans sa partie supérieure: mais il a subi des dégâts tels qu'il devra aussi être démoli. Un grand hangar en bois attenant à ce bâtiment a été préservé.

Cinq pompes ont été mises en manœuvre, sous les ordres de M. Paisant. capitaine-commandant et de trois officiers. Plusieurs compagnies du 36ème de ligne étaient aussi accourues à la première alarme.

Parmi les autorités présentes sur le lieu du sinistre. nous avons remarqué M. Prétavoine, secrétaire général (M. le préfet était absent de Caen); M. Bertauld, maire de Caen, M. le procureur de la République, M. le juge d'instruction, M. le colonel du 36è de ligne et ses officiers, M. le commandant de place, MM. les officiers de gendarmerie, M. le commissaire central, etc.

Le soir. dés son retour, M. le préfet s'et rendu à Montaigu et ne s'est retiré qu'après s'être assuré que tout danger avait disparu. Le piquet de nuit était placé sous les ordres de M. Lavalley-Duperroux, sous-lieutenant des sapeurs-pompiers.

D'après les renseignements que nous avons recueillis, voici l'évaluation approximative des pertes causées par l'incendie :
Bâtiment 50 500 fr.
Cheminée de l'usine 3,000
Machine à vapeur 90 000
Grains ( environ 500 sacs de blé) 30 000
Mobilier 1 000
Soit ensemble 174 500 francs, couverts par des assurances à diverses compagnies.

L'immeuble appartenait à M. Bénard, et la minoterie était exploitée par M. Jules Lebrethon.

Quant à la cause de l'incendie, rien ne fait supposer qu'on puisse l'attribuer à la malveillance. Le feu a dû prendre dans les nettoyages ; le malin mente. à cinq heures, le rhabilleur du mou-lin avait constaté que le feu avait pris à la pointe de la colonne du nettoyage qui tourne avec une rapidité prodigieuse ; Il avait dû jeter dessus plusieurs sceaux d'eau pour éteindre ce commencement d'incendie. Le moulin ayant été arrêté à six heures et les ouvriers étant partis à la campagne, laissant un seul gardien qui s'était couché, il est probable que le feu, mal éteint, a couvé pendant plusieurs heures pour éclater ensuite avec une grande violence. A huit heures, le concierge avait fait une ronde, et n'avait rien remarqué d'anormal.

Deux pompiers ont reçu des blessures qui fort heureusement ne présentent aucune gravité. Ce matin, vers 4 heures; le capital Mousset qui faisait partie du piquet de service, pénétrait dans le bâtiment de la machine pour s'assurer que tout allait bien, lorsque le plafond s'est effondré sur lui. Protégé par son casque, il en a été quitte pour de fortes contusions, et une coupure au-dessous de l’œil. Le sapeur Binet a également reçu des contusions qui nécessiteront un repos de quelques jours. Le troupe a, comme toujours, bien fait son devoir, et elle a admirablement secondé nos braves pompiers.

Parmi les personnes qui se sont particulièrement distinguées. on nous a cité un jeune soldat du 5e de ligne en permission de 24 heures.

Au moment où le toit de la minoterie s'effondrait avec fracas avec un dégagement considérable de flammes et de fumée. on entendit sur le Grand-Cours des crépitements de feuilles; un des plus beaux arbres venait de prendre feu. C'est à l'intérieur surtout que l'arbre se consumait. On est, par bonheur. arrivé assez promptement à arrêter ce nouvel incendie. Espérons que rien ne couve dans le tronc et que nous n'aurons pas la désagréable surprise de voir ce soir ou demain des gerbes de feu intérieur s'échapper, comme d'un cratère, du sein de l'infortuné.

Toutes les villes de quelque importance possèdent aujourd'hui ou moins une pompe à vapeur. Il nous semble que Caen ne devrait pas rester plus longtemps en arrière, car si les incendies y sont assez rares, leur importance exige, d'autre part, que l'on fasse les sacrifices nécessaires pour pouvoir les combattre avec efficacité.

le Bonhomme Normand du 15/07/1904
L'autre nuit, le feu s'est déclaré rue de l'Arquette, dans les bàtiments de la tannerie Rémy qui longent l'Orne, en face le bouquet d'arbres du Grand-Cours. Il était minuit quand le garde-barrière du passage à niveau aperçut les premières lueurs. L'éveil fut donné et les secours arrivèrent. Mais le feu, alimenté par les boiseries du séchoir et par 800 livres de suif que contenait l'étuve, eut bientôt dévoré le bâtiment tout entier. Les dégâts atteindront prés de 100.000 francs ; ils sont couverts par l'assurance « l'Ancienne Mutuelle ». On se souvient que déjà une minoterie, placée au même endroit, brûla, il y a une quinzaine d'années, avec tant de violence que des arbres entiers furent consumés de l'autre côté de la rivière.

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Benoît Hinard
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par Benoît Hinard » 23 janv. 2017, 20:09

ah le fameux moulin de Montaigu ! On peut aussi parler du barrage/chaussée attenant au moulin qui a fait couler beaucoup d'encre sous le Second empire. En effet, cette chaussée, selon l'ingénieurs des Ponts et Chaussées Mounier dans un rapport remis au conseil municipal le 24 novembre 1852, est responsable des inondations lors des crues de l'Orne car elle gêne la bonne circulation de l'eau. Des extraits de mon mémoire de maîtrise sur le sujet
L’année 1860 commence par un problème qui couve depuis longtemps. La municipalité a décidé d’améliorer la navigation sur l’Orne en amont de la ville et par la même occasion d’éviter les nombreuses inondations qui touchent la ville (rapport MOUNIER du 24 novembre 1852). Le 24 novembre 1852, une somme de 100 000 francs avait été voté pour améliorer la navigation sur l’Orne et la suppression du barrage de Montaigu était la condition de la subvention. Et c’est là que le bât blesse. La ville à maintes reprises demande la suppression de la chaussée Montaigu et du barrage mais du retard est pris concernant le dédommagement des propriétaires des usines sur le barrage. Le ministre des Travaux publics demande au maire, par une dépêche du 14 novembre 1854, de payer les dépenses de la suppression (sans prendre sur la subvention votée de 100 000 francs). Une nouvelle délibération du conseil municipal, datée du 29 décembre 1854, rappelle au ministre que le coût de la suppression du barrage est trop élevé pour la ville et donc demande l’aide de l’Etat. Le 15 mars 1855, le ministre demande qu’une large partie de la subvention serve à couvrir la suppression du barrage. Le 28 juin 1855, sur un nouveau rapport du conseiller municipal MOUNIER, le conseil municipal vote une somme de 50 000 francs mais ceci n’est pas assez et donc la municipalité réitère sa demande d’aide pour les travaux de la rigole alimentaire (11 décembre 1858). Entre temps, les propriétaires des usines ont demandé à régulariser leur situation auprès du préfet car ils sont situés sur une rivière flottable et navigable, donc astreints à une réglementation très stricte en ce qui concerne les industries près de ce genre de rivière. Donc, lors du conseil municipal du 7 janvier 1860, les 3 commissions des contentieux, finances et Travaux publics demandent que l’indemnité ne soit pas fixée par le jury d’expropriation de l’arrondissement de Caen car ce n’est pas un cas normal mais par le conseil de la préfecture. En effet, celui ci a plus d’autorité et peut mettre rapidement fin à un contentieux d’autant plus que la suppression du barrage est vivement attendue par les Caennais pour enfin voir les améliorations en cas d’inondation.
[...]
Dans le conflit qui oppose la mairie et les frères GERVAIS, propriétaires des usines de Montaigu, le préfet intervient et prend un arrêté préfectoral le 12 avril dans lequel il est indiqué que : «il n’y a pas lieu, en l’état, à réglementer l’usine de Montaigu, MM GERVAIS sont maintenus dans leurs droits, tels qu’ils résultent de leurs titres ». Cet arrêté ne pouvait pas plus mal tombé pour la mairie qui se voit désapprouvée par le préfet TONNET. Mécontent de cette décision, François Gabriel BERTRAND écrit au préfet, le 28 avril, pour exprimer ses réprobations au sujet de l’arrêté du 12 avril. Le préfet lui répond par une lettre, le 1er mai, qui lui permet de réunir exceptionnellement le conseil municipal « pour délibérer sur les mesures qu’il croirait utiles en ce qui concerne le barrage Montaigu ». Le conseil municipal répond à l’unanimité « Mr le maire est invité à se pourvoir tout à la fois et devant son Excellence le ministre des Travaux publics et devant le conseil d’Etat, pour obtenir le rapport ou l’annulation de l’arrêté de M le préfet du 12 avril 1860. Une somme de mille francs, à prendre sur les fonds libres de l’exercice, est allouée, par provision, pour faire face aux frais des pourvois »
Dans l’affaire qui opposait la municipalité et les frères GERVAIS, propriétaires des usines de Montaigu, c’est finalement la municipalité qui l’emporte puisque l’arrêté contesté1 a été annulé, comme irrégulièrement rendu, par décision2 du ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics3. Les travaux pour l’amélioration de l’écoulement de l’Orne vont enfin pouvoir prendre une nouvelle tournure. Cependant les frères GERVAIS ne désarment pas et Isidore GERVAIS écrit une lettre le 8 mai : « Quelques personnes, dans une intention que nous n’avons pas à chercher, ont commenté cette décision et répété que le barrage de Montaigu allait être supprimé. MM GERVAIS ne répondront qu’un mot. M le ministre a décidé uniquement que les propriétaires des usines de Montaigu avaient le droit d’obtenir, comme ils l’avaient demandé, la réglementation définitive de leurs usines, et ils osent espérer que le règlement...consacrera leurs droits et sauvegardera tous leurs intérêts ».
Le conseil municipal du 16 septembre 1860 prend aussi un arrêté important concernant le barrage de Montaigu: « art 1: M le ministre des Travaux publics est instamment prié de mettre au plus tôt à l’exécution sa décision relative à la suppression du barrage de Montaigu telle qu’elle a toujours été comprise, c’est à dire avec la destruction de l’usine nouvelle, établie, sans autorisation, au milieu de la rivière, au dessous du barrage lui-même art 3: Le conseil proteste contre toute proposition qui tendrait à ne détruire qu’une partie du barrage de Montaigu et à laisser subsister les autres constructions qui font obstacle au libre cours des eaux de l’Orne ». La mise en garde du conseil municipal est sans appel pour les frères GERVAIS car les travaux, estime la municipalité, ont déjà pris trop de retard. Et, avec le retour de l’hiver et de ses précipitations, une partie de la ville risque encore d’être inondée.
Le 12 juin 1862, BERTRAND annonce que le ministre des Travaux publics a pris un arrêté le 12 mai dernier pour la suppression du barrage et des usines de Montaigu moyennant le versement aux frères GERVAIS de la somme de 250 000 francs.
Les travaux de démolition du barrage de Montaigu commencent le 1er juillet et dès les premiers coups de pioches beaucoup d’observateurs s’aperçoivent que « l’eau a baissé d’une manière très sensible dans la rivière de l’Orne »

chrcan
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par chrcan » 24 janv. 2017, 10:22

je n'osais pas parler de la digue de Montaigu ^^

En hiver, on l'accusait des inondations
Mais en été, au moins sous le Ier empire, il n'y avait pas assez d'eau pour faire tourner la mécanique et MOTTELAY avait été contraint de louer le Moulin de Court-gain (ou Courgain suivant les auteurs) pour pallier cette insuffisance

Je suppose donc c'est suite à la destruction de la digue qu'on dû installer la machine à vapeur et donc les râpes qui ont provoqué l'incendie de 1877

Sur la photo que j'ai mis, est-ce bien le bac au premier plan ?

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Benoît Hinard
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par Benoît Hinard » 24 janv. 2017, 14:17

chrcan a écrit :je n'osais pas parler de la digue de Montaigu ^^

En hiver, on l'accusait des inondations
Mais en été, au moins sous le Ier empire, il n'y avait pas assez d'eau pour faire tourner la mécanique et MOTTELAY avait été contraint de louer le Moulin de Court-gain (ou Courgain suivant les auteurs) pour pallier cette insuffisance

Je suppose donc c'est suite à la destruction de la digue qu'on dû installer la machine à vapeur et donc les râpes qui ont provoqué l'incendie de 1877

Sur la photo que j'ai mis, est-ce bien le bac au premier plan ?
il me semble que ce sont plutôt les bateaux de l'école de natation.
Selon Pierre Gouhier :
En 1811, M. Motelay, de Verson, fait construire le beau moulin de Montaigu ; il est mis en faillite avant de le terminer.[...]M. Gervais est autorisé le 14 août 1832 à établir une troisième usine. En 1835, il ne paraît pas que les eaux de la rivière passent de sitôt par dessus la chaussée de Montaigu, surtout après les écluses nouvellement faites par M. Gervais pour le service de ses usines. Le mardi 1 août 1843, le duc de Nemous visite les mécaniques de M. Gervais

robben025
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par robben025 » 13 févr. 2017, 10:36

chrcan a écrit :je n'osais pas parler de la digue de Montaigu ^^

En hiver, on l'accusait des inondations
Mais en été, au moins sous le Ier empire, il n'y avait pas assurance chat assez d'eau pour faire tourner la mécanique et MOTTELAY avait été contraint de louer le Moulin de Court-gain (ou Courgain suivant les auteurs) pour pallier cette insuffisance

Je suppose donc c'est suite à la destruction de la digue qu'on dû installer la machine à vapeur et donc les râpes qui ont provoqué l'incendie de 1877

Sur la photo que j'ai mis, est-ce bien le bac au premier plan ?
Bonjour!
Ce post est vraiment utile car il m'a permis d’étoffer un article que je devais faire au travail!
Merci!!

Hotcross90
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par Hotcross90 » 09 mars 2017, 07:23

chrcan a écrit :Je ne vais pas vous faire tout l'historique du Moulin de Montaigu car il existait déjà un moulin de Montaigu en 1066.

Pour ceux que ça intéresse, j'ai retrouvé l'article de mon "cousin" Eugène CANIVET (1812-1889) sur les émeutes de 1812 qui amenèrent une foule en colère et surtout affamée de la Halle (Saint-Sauveur) au Moulin de Montaigu.

En revanche, je vous passe ici plusieurs articles de la presse caennaise sur l'incendie qui a entrainé la fin de l'activité minotière dans ces lieux.

A l'aube de la Troisième République naissante, la chute du Comptoir d'escompte de Caen entraîne la faillite de l'ancienne Société de la minoterie. En août 1876, le moulin est loué à un dénommé Lebreton, marchand de grains à Caen, dont le père exploite déjà la minoterie de Courgain, à May-sur-Orne

Le dimanche 3 juin 1877, les ouvriers avaient travaillé jusqu'à l'aube. En fin de nuit, plusieurs incidents s'étaient produits sur la machinerie, plus précisément les deux colonnes verticales (les râpes) destinées à broyer le grain. mais quelques seaux d'eau avaient apparemment suffi à refroidir ces échauffements. Toute la mécanique fut nettoyée et ceci fait, dimanche faisant, chacun rentra chez soi, hormis un jeune ouvrier qui dormait au moulin. L'incendie se déclara en fin de matinée. Le premier à l'apercevoir fut le passeur du bac, tout proche, qui vint au secours du jeune ouvrier endormi. Malgré des dizaines de pompiers et de soldats du 36ème de ligne, l'incendie ne put être circonscrit. Même s'ils étaient assurés, les bâtiments, matériel et marchandises n'étaient pas estimés à leur valeur. Ainsi, si 800 sacs de blé, farine et son, estimés à 30,000 francs, sont partis en fumée, c'était le double de ce qui était couvert par l'assurance. La ruine était donc totale.

Il s'agit alors de trouver une nouvelle activité aux lieux. Son sort oppose deux factions du conseil municipal ainsi que les deux principaux journaux de la ville. D'un côté, les partisans du maire BERTAULD, de l'autre ceux de M. TOUTAIN, qui soutiennent le projet d'un certain REMY en vue de transformer les lieux en tannerie. Les tanneries ont mauvaise réputation ; elles seraient le foyer d'épidémies de choléra. En mai 1879, la commission d'hygiène émet un avis défavorable alors qu'il existe déjà dans le quartier des activités polluantes (un clos d'équarrissage, deux dépotoirs, deux cimetières, une fabrique d'acide, l'usine à gaz et des abattoirs). Le préfet suit l'avis de la Commission et rejette le projet (6 mai 1879). Mais sa décision est cassée par le Conseil d’État qui, par un arrêt du 4 juin 1880, autorise la transformation du moulin en tannerie, sous un certain nombre de conditions. REMY peut se mettre à la tâche.

Malheureusement, ces années d'investissements, financiers et humains, seront vite vains. Les lieux sont définitivement détruits par un (nouvel) incendie en juillet 1904.

Image
Le moulin de Vaucelles dit de Montaigu (Cliché Tillard 1851-1859) source : Autreepoque59 sur Delcampe

SOURCES (sur le site des AD14)

Le Bonhomme Normand 09/06/1877
lncendie de Montaigu.
La Minoterie de Montaigu,qui a joué un rôle important dans les tripotages du Comptoir d'escompte de Caen, a été détruite dimanche par le feu. L'immeuble appartient, ainsi que le matériel, à M. Bénard, propriétaire, rue d'Auge ; l'usine était louée, pour 4,500 fr., à M. Lebrethon, négociant en grains, qui l'exploitait. Les ouvriers avaient travaillé toute la nuit ; à six heures du matin les machines avaient été arrêtées; jusqu'à huit heures, on avait procédé au nettoyage; à neuf heures et demie, un jeune homme du nom de Vincent, resté de garde, se couchait et s'endormait. A onze heures et demie, il était réveillé par le bris de la porte d'entrée du moulin et par les cris : Au feu ! poussés par M. Colin, passeur de la barque. Quelques instants après tout était en feu; mais heureusement, un chauffeur avait eu le temps d'ouvrir la soupape de la chaudière.
A midi un quart, le tocsin sonnait ; — vers une heure, on attaquait le foyer et on faisait la part du feu.—A quatre heures, le travail se ralentissait;—à six heures, M. le préfet faisait demander un supplément de vingt hommes à la caserne; —à dix heures et demie, M. Froger, de Condé sur-Noireau, propriétaire de l'effilocherie établie à quelques mètres des bâtiments 'incendiés, réclamait des secours pour préserver ses ateliers menacés et non assurés; - à 11 heures et demie, M. Levard se rendait sur le lieu du sinistre. —Malgré un travail incessant, le foyer était toujours intense.—Lundi dans l'après-midi, les madriers placés au-dessus de la machine étaient encore en feu et on songeait seulement à les éteindre.—Mardi M. Lebrethon réclamait de nouveaux secours pour finir d'éteindre le feu encore vivace dans un tas de charbon, Mercredi, on a commencé à démolir. Le feu a pris naissance dans le nettoyage; on l'attribue à réchauffement d'un arbre tournant avec une extrême rapidité. Déjà la veille et la nuit des échauffements semblables avaient été remarqués et conjurés avec quelques seaux d'eau. Mais par une négligence incroyable, nous dirions presque coupable, aucun de ces accidents n'avait été signalé à M. Lebrethon. Les bâtiments étaient assurés à l'Union pour 35,000 fr. ; les machines et le 'matériel pour 15,000 fr. à l'Union et 30,000 fr. au Phénix ; les marchandises étaient assurées pour 15,000 fr. à l'Union, et 15,000 fr. à la Caennaise. Les bâtiments n'étaient pas estimés à leur valeur ; la machine et l'aménagement, devenus la propriété de M. Bénard par suite d'une résiliation de bail avec le syndic de la Minoterie, étaient parfaitement installés. - Pour M. Lebrethon les pertes sont : 800 sacs de blé, farine et son, estimés 30,000 fr. ; en plus, une somme de 10.000 fr. pour matériel roulant, charbon, poches, etc. Il n'est assuré que pour 30,000 fr.

Dimanche, le feu s'est déclaré sur le Cours dans le creux d'un arbre assez éloigné du heu de l'incendie. - Dimanche et lundi, on répandait le bruit que deux arrestations ayant trait à cet incendie avaient été opérées; il n'en est rien.—90 pompiers se sont rendus à l'appel du tocsin; trois ont été contusionnés; un d'eux assez sérieusement.—Du reste dans cette triste circonstance, tout le monde a fait son devoir : autorités, pompiers, militaires et particuliers ; mais il eût été possible d'utiliser plus efficacement tant de bonne volonté et de dévouement.


Le Journal de Caen 04/06/1877

INCENDIE DE LA MINOTERIE DE MONTAIGU
Hier, vers midi, un violent incendie a détruit la minoterie de Montaigu, située au haut du Grand Cours, sur l'Orne, appartenant â M. Renard, propriétaire à Caen, et exploitée par M. Jules Lebreton, négociant en farines dans notre ville.

Nous devons dire tout d'abord que les résultats de l'enquête font écarter l'idée de malveillance comme cause première du sinistre. Nous croyons devoir faire cette déclaration tout d'abord pour éviter que l'opinion ne s'égare, car la faillite de la minoterie de Montaigu avait été prononcée par le tribunal de commerce.

Le travail avait cessé le dimanche matin, à six heures; le nettoyege des machines avait duré jusqu’à huit heures et demie, heure à laquelle les ouvriers étaient allés déjeuner. Le contre-maître s'était ensuite habillé pour sortir et avait laissé dans la minoterie le jeune Gustave Vincent, après lui avoir enjoint de fermer la porte.Celui-ci, après avoir exécuté l'ordre, s'était couché.

Vers onze heures, le sieur Colin, passeur du bac, aperçut une épaisse ruinée sortant des bâtiments. Il se précipita aussitôt dans la minoterie et se dirigea vers le lit de Vincent qu'il trouva dormant profondément. La fumée envahissait déjà cette partie de construction. Vincent se leva à la hâte et se dirigea versl'appartement où était le foyer de l'incendie, qu'il chercha à éteindre, aidé du sieur Colin. Mais en sortant pour aller chercher du secours, il tomba suffoqué.

On essaya de se servir d'une petite pompe à main qui, malheureusement, n'était pas en état. Le feu avait pris dans un endroit où sont placées deux colonnes verticales qu'on appelle les râpes, destinées à broyer le grain.

On suppose que la rapidité de la rotation a pu produire dans cette partie des machines un échauffement assez grand pour mettre le leu à une couche épaisse de poussière de grains, qui se trouvait amoncelée là, et où il aurait couvé. Les sapeurs-pompiers de la ville, commandés par leurs officiers, sont arrivés rapidement sur le lieu du sinistre. Le piquet de service de la caserne de Vaucelles s'est porté aussitôt au secours des bâtiments incendiés.

Malheureusement, la nature de la construction et les matières qu'elle renfermait présentaient un aliment à l'incendie, et on a dû se contenter de protéger les maisons voisines. La maison d'habitation n'a pas été atteinte.

A la nouvelle de l'incendie, toutes les autorités de la ville se sont transportées sur les lieux. Nous avons remarqué M. Prétavoine, secrétaire général, M. le vice-président du conseil de préfecture, M. Bertauld, sénateur et maire de la ville, MM. les adjoints, M. le procureur de la République, M. le juge d'instruction, M. le colonel du 36è de ligne, le commandant de place, ainsi que beaucoup d'officiers de la garnison.

Les pertes sont évaluées de 115,000 à 140,000 fr. Les dégâts, pour le propriétaire, M. Bénard, sont estimés à 80,000 fr., pour le bâtiment, les hangars et la machine, couver ts en totalité par deux assurances ; M. Lebreton, pour des marchandises diverses, a subi une perte de 35,000 à 40,000 fr., Mis il était assuré que pour 30,000 fr., à deux assurances; c est donc une perte de 10,000 fr. qu'il éprouve par suite de ce sinistre, qui laisse six ouvriers sans travail.

M. le préfet, absent de Caen au moment où le feu a été découvert, s'est immédiatement rendu sur les lieux lorsqu'il est rentré et ne s'est retiré qu'après s'être assuré que tout le danger avait disparu.

M. Lavalley-Duperroux, lieutenant de la compagnie des sapeurs-pompiers, a été complimenté par M. le préfet pour sa belle conduite dans cette circonstance.

Deux accidents sont arrivés dont l'un pouvait avoir des suites graves. Un pompier, M. Ravent, a été atteint au pied. M. Montel, horloger, rue Graindorge, récemment nommé caporal dans la compagnie a été enseveli dans la nuit sous des décombres en faisant procéder à la démolition d'une charpente. On l'a retiré la tète assez fortement atteinte. Fort heureusement, son état n'inspire pas d’inquiétudes.

Chose assez singulière, le feu a pris de l'autre côté de la rivière, dans l'intérieur d'un vieil arbre du cours sur lequel il était tombé quelques flammèches.

Autre détail ! on aurait volé au concierge de l'usine, pendant l'incendie, une somme de 80 fr. en or, une montre, un collier et une croix en or.

P.-S. On nous dit que le matin du sinistre, vers 5 heures, le rhabilleur du moulin avait constaté que le feu avait pris à la pointe de la colonne du nettoyage, qui tourne avec une rapidité prodigieuse, et il avait dû jeter plusieurs seaux d'eau pour éteindre ce commencement d'incendie.



Le Journal de Caen 07/06/1877

L'INCENDIE DE LA MINOTERIE

A propos de l'incendie de la minoterie de Montaigu. on avait dit que des arrestations avaient été faites ; c'est inexact. Des employés de l'établissement out été appelés seulement pour donner des explications sur les causes du sinistre qui parait accidentel

La faillite de l'ancienne Société de la minoterie avait été une des conséquences de la chute du Comptoir d'escompte de Caen. Cet établissement a été loué au mois d'août dernier par M. Lebreton, marchand de grains à Caen, et était exploité par lui, mais sans aucune solidarité avec l'ancienne administration.

Les grains que M. Lebreton avait dans l'établissement au moment de l'incendie n'étaient pas assurés en totalité. La perte qu'il subit est environ d'une dizaine de mille francs. M. Lebreton va néanmoins continuer ses opérations commerciales avec ardeur, car il a à sa disposition le moulin de son père, connu sons le nom de minoterie de Courgain, et situé à May-sur-Orne

Nous avons dit que chacun avait fait son devoir à l'incendie, nos pompiers comme les soldats du 36ème de ligne, qui étaient accourus dès le premier appel, conduits par leurs officiers.

A cette occasion, M. le maire de Caen a adressé à ceux-ci de justes remerciements dans la lettre suivante, qu'il a écrite à M. le colonel Lucas et qui a été mise à l'ordre du jour du régiment :
« Monsieur le colonel,
« Dans le sinistre incendie qui a eu lieu, les officiers, sous officiers et soldats du 36' de ligne ont rivalisé d'empressement, d'activité et de courage pour arrêter les progrès du feu. L'administration municipale les remercie bien cordialement du concours si utile qu'ils ont prêté à nos sapeurs-pompiers. Sans leur vaillante coopération, l'incendie aurait eu certainement des effets encore plus désastreux. En vous priant, Monsieur le colonel, de leur transmettre l'expression de notre reconnaissance, permettez-moi de vous offrir, à vous personnellement, nos remerciements empressés pour la bonne volonté avec laquelle, en cette circonstance comme toujours, vous avez secondé l'administration municipale. « Daignez agréer, etc.
Le Maire de Caen, • BERTAULD. »

Nous avions dit que le sieur Collin, batelier, avait réveillé à temps un jeune homme qui gardait le moulin. C'est en défonçant la porte d'entrée qu'il avait pu pénétrer dans le Moulin. Peu d'in-tants après le moment où Collin a arraché de son lit le jeune Gustave Vincent, qui dormait profondément, il eût été trop tard pour le sauver, car les flammes envahissaient déjà cette partie de la minoterie, et toute chance de salut eût été impossible pour lui


L'ami de l'Ordre 10/06/1877

Incendie. — Dimanche, vers, 11 heures, un violent incendie a éclaté dans la minoterie de Montaigu, située, au haut du Grand Cours, sur l'Orne, appartenant à M. Bénard, propriétaire à Caen, et exploitée par M Jules Lebreton, négociant en farines.

Le feu a pris dans un endroit où sont placées deux colonnes verticales qu'on appelle les râpes, destinées à broyer le grain. Le matin même, à 5 heures, le rhabilleur du moulin constatait que le feu prenait naissance à la pointe d'une colonne et s'empressait de l'éteindre en jetant plusieurs seaux d'eau. La machine de l'usine fut arrêtée à 6 heures, les ouvriers s'en allèrent; un gardien, qui restait, se coucha. Il est probable que le feu, mal éteint, s'est peu à peu ranimé pendant son sommeil et qu'il était communiqué rapidement aux planchers, échauffés par la haute température qui règne habituellement dans ce local, autrefois affecté à une filature.
Les sapeurs-pompiers, commandés par leurs officiers, sont arrivés rapidement sur le lieu du sinistre ainsi que le piquet de service de la caserne de Vaucelles. Toutes les autorités de la ville se sont également rendues à la première alarme. L'après midi de dimanche et une partie de la nuit ont été consacrées à éteindre l'incendie. Les pertes sont évaluées de 115 à 120000 francs. Elles sont couvertes presque en totalité par deux assurances. Deux pompiers, MM. Mousset, caporal, et. Binet, sapeur, ont été contusionnés par des éboulements.



L'Ordre et la Liberté 04/06/1877

Incendie de la minoterie de Montaigu.

Un sinistre d'une importance relativement considérable a éclaté hier dans notre ville. A l'heure où nous écrivons ces lignes, la grande usine de Montaigu assise sur la rive droite de l'Orne, est en majeure partie détruite.

Vers onze heures trois-quarts du matin, des voisins virent une fumée intense sortir du bâtiment situé entre la machine à vapeur et la minoterie qui longe la rue de la Requête. Ils accoururent aussitôt donner l'alarme et on se mit immédiatement en devoir d'organiser les secours. Mais la violence du feu était telle qu'en peu de temps le bâtiment entier et les marchandises qu'il contenait devinrent la proie des flammes activées par une forte brise qui chassait la fumée vers la ville et transportait à une grande distance des brandons enflammés.

Grâce aux secours qui furent organisés le plus rapidement possible, on a eu le bonheur de préserver la maison d'habitation et la filature où MM. Froget. de Condé, viennent d'installer un certain nombre de métiers. Le feu s'est arrêté à la porte cochère. La minoterie, comme nous l'avons dit, est entièrement détruite et les murs ne pourront rester debout, pas plus que la cheminée, dont la base en pierre de taille a été rongée par les flammes. — Le bâtiment qui fait face au Grand-Cours et où était située la machine à vapeur n'a été brûlé que dans sa partie supérieure: mais il a subi des dégâts tels qu'il devra aussi être démoli. Un grand hangar en bois attenant à ce bâtiment a été préservé.

Cinq pompes ont été mises en manœuvre, sous les ordres de M. Paisant. capitaine-commandant et de trois officiers. Plusieurs compagnies du 36ème de ligne étaient aussi accourues à la première alarme.

Parmi les autorités présentes sur le lieu du sinistre. nous avons remarqué M. Prétavoine, secrétaire général (M. le préfet était absent de Caen); M. Bertauld, maire de Caen, M. le procureur de la République, M. le juge d'instruction, M. le colonel du 36è de ligne et ses officiers, M. le commandant de place, MM. les officiers de gendarmerie, M. le commissaire central, etc.

Le soir. dés son retour, M. le préfet s'et rendu à Montaigu et ne s'est retiré qu'après s'être assuré que tout danger avait disparu. Le piquet de nuit était placé sous les ordres de M. Lavalley-Duperroux, sous-lieutenant des sapeurs-pompiers.

D'après les renseignements que nous avons recueillis, voici l'évaluation approximative des pertes causées par l'incendie :
Bâtiment 50 500 fr.
Cheminée de l'usine 3,000
Machine à vapeur 90 000
Grains ( environ 500 sacs de blé) 30 000
Mobilier 1 000
Soit ensemble 174 500 francs, couverts par des assurances à diverses compagnies.

L'immeuble appartenait à M. Bénard, et la minoterie était exploitée par M. Jules Lebrethon.

Quant à la cause de l'incendie, rien ne fait supposer qu'on puisse l'attribuer à la malveillance. Le feu a dû prendre dans les nettoyages ; le malin mente. à cinq heures, le rhabilleur du mou-lin avait constaté que le feu avait pris à la pointe de la colonne du nettoyage qui tourne avec une rapidité prodigieuse ; Il avait dû jeter dessus plusieurs sceaux d'eau pour éteindre ce commencement d'incendie. Le moulin ayant été arrêté à six heures et les ouvriers étant partis à la campagne, laissant un seul gardien qui s'était couché, il est probable que le feu, mal éteint, a couvé pendant plusieurs heures pour éclater ensuite avec une grande violence. A huit heures, le concierge avait fait une ronde, et n'avait rien remarqué d'anormal.

Deux pompiers ont reçu des blessures qui fort heureusement ne présentent aucune gravité. Ce matin, vers 4 heures; le capital Mousset qui faisait partie du piquet de service, pénétrait dans le bâtiment de la machine pour s'assurer que tout allait bien, lorsque le plafond s'est effondré sur lui. Protégé par son casque, il en a été quitte pour de fortes contusions, et une coupure au-dessous de l’œil. Le sapeur Binet a également reçu des contusions qui nécessiteront un repos de quelques jours. Le troupe a, comme toujours, bien fait son devoir, et elle a admirablement secondé nos braves pompiers.

Parmi les personnes Paris shuttle qui se sont particulièrement distinguées. on nous a cité un jeune soldat du 5e de ligne en permission de 24 heures.

Au moment où le toit de la minoterie s'effondrait avec fracas avec un dégagement considérable de flammes et de fumée. on entendit sur le Grand-Cours des crépitements de feuilles; un des plus beaux arbres venait de prendre feu. C'est à l'intérieur surtout que l'arbre se consumait. On est, par bonheur. arrivé assez promptement à arrêter ce nouvel incendie. Espérons que rien ne couve dans le tronc et que nous n'aurons pas la désagréable surprise de voir ce soir ou demain des gerbes de feu intérieur s'échapper, comme d'un cratère, du sein de l'infortuné.

Toutes les villes de quelque importance possèdent aujourd'hui ou moins une pompe à vapeur. Il nous semble que Caen ne devrait pas rester plus longtemps en arrière, car si les incendies y sont assez rares, leur importance exige, d'autre part, que l'on fasse les sacrifices nécessaires pour pouvoir les combattre avec efficacité.

le Bonhomme Normand du 15/07/1904
L'autre nuit, le feu s'est déclaré rue de l'Arquette, dans les bàtiments de la tannerie Rémy qui longent l'Orne, en face le bouquet d'arbres du Grand-Cours. Il était minuit quand le garde-barrière du passage à niveau aperçut les premières lueurs. L'éveil fut donné et les secours arrivèrent. Mais le feu, alimenté par les boiseries du séchoir et par 800 livres de suif que contenait l'étuve, eut bientôt dévoré le bâtiment tout entier. Les dégâts atteindront prés de 100.000 francs ; ils sont couverts par l'assurance « l'Ancienne Mutuelle ». On se souvient que déjà une minoterie, placée au même endroit, brûla, il y a une quinzaine d'années, avec tant de violence que des arbres entiers furent consumés de l'autre côté de la rivière.
Bonjour, c'est une triste histoire qui reste à jamais dans nos coeurs :(

chrcan
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par chrcan » 04 juin 2017, 09:22

Concernant la digue du Moulin, on avait oublié qu'elle ne se contentait pas de servir les intérêts particuliers du meunier, en alimentant ses machines
1°) sur son côté amont, les eaux que la digue retenait faisaient monter le niveau des cours d'eau, notamment la Noé qui, via une rigole, alimentait le bassin St-Pierre. La digue supprimée, le niveau de la Noé a baissé et ne permettait plus d'alimenter la rigole, donc le bassin
2°) sur son côté aval, la digue bloquait le courant provoqué par la marée montante (et donc les sédiments qu'il charriait)


L'Ordre et la Liberté 17/10/1868

BARRAGE DE L'ORNE.
Monsieur le Rédacteur,
La destruction de la chaussée de Montaigu a empêché, chacun le sait, les eaux jadis si limpides de l'Orne d'arriver, par la Noé, jusqu'à la rigole chargée d'alimenter le bassin; on est obligé d'y verser, soit les eaux chargées d'immondices qui proviennent des égouts de la ville, soit les eaux vaseuses que la mer montante fait refluer. La nécessité de mettre lin à ce déplorable état de choses est reconnue de tout le monde : il faut refaire ce qu'on a si malencontreusement défait.
On a parlé de rétablir purement et simplement ce qui existait ou d'ouvrir une rigole à travers la prairie. J'ai émis l'avis qu'un simple barrage, sur emplacement de l'ancienne Chaussée-Ferrée, suffirait pour fournir au bassin l'eau dont il a besoin ; et, comme il maintiendrait la rivière à un niveau élevé, j'ai ajouté qu'il servirait en même temps à l'embellissement du Grand-Cours.
J'ai indiqué un barrage à aiguilles ; mais, en y réfléchissant, j'ai changé d'idée : je voudrais aujourd'hui des pannes. Les piliers destinés à les recevoir seraient construits de manière à supporter le tablier d'une passerelle lui remplacerait la barque du Petit-Caprice. On placerait, bien entendu, le vannage en face de la rue des Bains-Chinois.
Il y a trop longtemps que le besoin d'un pont, dans cet endroit, se fait sentir : la circulation y est considérable ; elle s'accroîtrait encore si le passage de la rivière était moins incommode. Les bacs et bateaux sont un reste de la barbarie d'un autre âge; hâtons nous de les faire disparaître du centre de notre cité; car ils prouvent que, depuis des siècles, nous sommes restés stationnaires. Le surcroît de dépense, occasionné par la passerelle, serait peu considérable; il serait, d'ailleurs largement compensé par la commodité qu'il procurerait aux relations entre le quartier de Vaucelles et les autres parties de la ville. J'ai l'honneur etc. Ch. HUE


Autrement dit, l'article ci-dessus préfigure les aménagements qui mettront encore quelques années à se concrétiser
En 1873-1874, une passerelle en fer, construite au-dessus d'un barrage à aiguilles mobiles (système Poirée), permet de relier l'ouest du quartier au cours la Reine (actuel cours de Gaulle) et à la caserne Hamelin en remplacement du bac du Petit-Caprice
Ce barrage sera démoli et une nouvelle passerelle piétonne sera construite en 1926, après que l'actuel barrage sur l'Orne ait été construit en 1910-1912.

Quant à la barque (le bac), elle a dû continuer à fonctionner bien après la construction de la première passerelle si on se fie à l'annonce parue dans Le Bonhomme normand le 10 août 1888 :
A vendre de gré à gré Une Belle Propriété rue Montaigu, 65, Connue sous le nom de Petit-Versailles, En face la barque (...)

chrcan
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Re: les incendies du Moulin de Montaigu (1877 & 1904)

Message non lu par chrcan » 07 sept. 2017, 13:49

compte rendu du CM du 07/01/1860 dans l'Ordre et la Liberté en vue de la destruction de la digue
voir en vue 15

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