Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

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Benoît Hinard
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar Benoît Hinard » 01 juil. 2017, 11:28

chrcan a écrit :Sait-on à quoi ressemblaient les Goulets Saint-Pierre en 1789 ?
Dans une note en bas de page des ÉPISODES DE LA RÉVOLUTION À CAEN, G. Lesage nous dit que "On appelait ainsi les bouches d'égout par lesquelles les eaux de pluie s'écoulaient dans l'Odon, à l'entrée de la rue St-Pierre."

c'est la première fois que j'entends parler de ces bouches d'égouts :o

chrcan
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar chrcan » 01 juil. 2017, 11:44

source : Le Moniteur du Calvados, numéro du 25 avril 1923
http://normannia.info/ark%3A/86186/82hs0#?c=0&m=0&s=0&cv=1 voir en p2, 4ème colonne

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Benoît Hinard
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar Benoît Hinard » 02 juil. 2017, 14:30

sur le cadastre de 1817
goulets.png
goulets.png (1.04 Mio) Vu 2558 fois

chrcan
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar chrcan » 24 juil. 2017, 13:14

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chrcan
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar chrcan » 22 août 2017, 16:04

Image

a été mise sur ebay aujourd'hui sans indiquer l'ouvrage source
juste une date : 1850

Image

chrcan
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar chrcan » 08 sept. 2017, 14:04

Cadomus a écrit :l'affaire du pont Saint-Pierre lors du recouvrement des Odons et de la Noë en 1860


Lors de la séance du CM du 30/11/1860, le dernier cas à trancher était celui de la maison de M. GUERARD-DESLAURIERS
Voir L'Ordre et La Liberté du 22/12/1860 en vue 40

Mais on peut aussi s'apercevoir dans les n° suivants du même journal que la Librairie religieuse de CHENEL, sise au 16 du Pont-Saint-Pierre, continue à faire sa publicité tout à fait classiquement pour les étrennes (voir vue 45)

Citation tirée du même PV
"Sur l'emplacement qu'occupait un ignoble cours d'eau, foyer de miasmes pestilentiels, réceptacle trop apparent de toutes les immondices de la ville, vous allez pouvoir créer un large boulevard, qui, dans peu d'années, deviendra le plus joli quartier de la ville, en même temps qu'il en sera le plus sain."
Bon appétit :?

chrcan
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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar chrcan » 25 déc. 2018, 18:31

Comme c'est Noël, un petit conte (en lien direct avec ce sujet) signé par Gaston LAVALLEY, bien avant qu'il ne devienne bibliothécaire de la ville de Caen


CE QUE VIT LE MAIRE DE CAEN

— Nouvelle —

parue dans Triboulet le 28 juillet 1861

En ce temps-là la ville de Caen, voulant se donner des airs de jeunesse, arrachait ses ormes séculaires, élargissait ses rues et voûtait ses cours d'eau.

Et le plus grand nombre de s'écrier que l'antique cité bas-normande devenait adorable ; tandis que de rares sceptiques osaient la comparer à une femme qui, pour réparer des ans l'irréparable outrage, s'aviserait un beau jour de couper ses cheveux gris, de s'arrondir avec du coton et de se boucher les yeux, cette source limpide où viennent se mirer les amants.

Mais c'était le siècle démolisseur par excellence, méprisant les rides du passé, amateur du nouveau et n'adorant, comme les libertins, que les visages jeunes et tout pleins de santé. Fi des teints flétris ! fi des cités aux rues tortueuses ! fi des murs au teint noir! Et vivent les joues roses, les promenades tirées au cordeau et les maisons d'opéra-comique !

Le maire de Caen était à la hauteur de son époque, et venait d'enlever un vote à faire sauter de joie tous les maçons du présent et de l'avenir. Aussi poussait-il de petits cris de triomphe en se promenant dans la vaste solitude de la salle des délibérations.

Cela eût pu durer longtemps encore si une voix, cassée par l'âge, ou par l'abus des petits verres, n'eût parodié d'une façon peu aimable le dithyrambe que l'excellent magistrat entonnait en son honneur.

Le maire se retourna furieux. Mais le dégoût ou l'effroi, peut-être ces deux sentiments à la fois, arrêtèrent sur ses lèvres le cri d'indignation prêt à s'en échapper.

À deux pas de lui, un horrible petit vieillard se balançait comme un mât de navire en s'appuyant des deux mains sur un roseau dont l'extrémité dépassait bien d'un pied sa tête chauve. À part quelques haillons qui lui pendaient de çà et de là, il n'était guère plus vêtu qu'Hassan sur son sofa. Sa jambe droite était serrée jusqu'au genou dans une mauvaise botte, volée sans doute à un cureur d'égouts, et son pied gauche se cachait dans un de ces informes sabots comme en portent les paysans du Bocage.

Le petit vieillard vit le geste de répulsion du maire et crut bon d'aller au-devant de sa pensée.

- Que Son Excellence se rassure, dit-il, j'ai essuyé mes pieds avant d'entrer. On a du monde ou
on n'en a pas !
- Que venez-vous faire ici, à cette heure ?
- Vous parler.
- Comment a-t-on pu vous laisser entrer ?
- Comme vous le voyez.
- Vous savez que la mendicité est interdite ?
- Je ne demande pas l'aumône.
- Que voulez-vous ?
- Une réparation.
- De qui ?
- De vous.
- De moi ?... Vous êtes fou ! s'écria l'officier de l'état-civil, et je tâcherai de vous faire entrer au Bon-Sauveur.
- Oui !... Vous voudriez bien me faire passer pour aliéné. Le moyen serait ingénieux, vraiment, pour m'empêcher, si j'en avais l'intention, de vous attaquer devant les tribunaux... Mais, pas si niais!... Je sais trop ce qu'il en coûte d'avoir des procès avec les administrations !

Le maire haussa les épaules, fit un demi-tour sur lui-même et recommença sa promenade. Mais le vagabond :

- Je ne sortirai pas d'ici avant d'avoir obtenu satisfaction.
- Eh quoi ! s'écria le maire, vous mendiez avec menaces ! Il ne s'agit plus de Petites-Maisons, mais de prison, maintenant !
- Je ne mendie pas. Faites-moi justice ou donnez-moi des dommages-intérêts ?... Vous m'avez ruiné !
- Moi ?
- Vous et votre conseil municipal, dont le vote de ce soir me réduit à la misère. Je suis un homme perdu... Je n'ai plus qu'à me jeter à la rivière !
- Qui donc êtes-vous ?
- Odon.
- Odon ?... Le frère de Guillaume le Conquérant ?... Pauvre insensé, vous auriez à cette heure quelque chose comme huit cent soixante ans. Ce n'est plus la mode de vivre si longtemps.
- Pour vous peut-être, répliqua le petit vieillard avec fierté. Mais vous n'êtes pas de ma race.
- Dieu merci ! répondit naïvement le maire en jetant un rapide coup d’œil sur le piètre accoutrement et la plus piètre mine du petit monstre.
- Je suis immortel ! reprit le vieillard.
- Ah!
- Je suis le cours d'eau qui a bien voulu prendre le nom du frère de Guillaume.
- Diable !
- Et je viens vous provoquer !... Lorsque vous auriez pu faire de moi, à peu de frais :
…... Un ruisseau limpide à la surface
Réfléchissant les fleurs et l'étoile qui passe...
- Ventrebleu! vous avez de la littérature ? interrompit le maire avec un sourire moqueur.
- Je ne suis pourtant pas professeur... Mais ne détournez pas le cours...
- Oh ! je ne vous ai pas détourné !
- Non !... Mais vous allez resserrer mon lit entre deux murs et me charger le dos d'un énorme tas de pierres... Je serai voûté encore une fois !... Ne l'étais-je pas assez par l'âge?...
- Enfin ! que voulez-vous ? demanda le grave officier de l'état civil. Des dommages-intérêts ?
- Des dommages-intérêts ! s'écria le petit vieillard avec emportement, me rendront-ils ce bon vieux saule pleureur dont la longue chevelure venait balayer mes eaux, et ces peupliers gracieux, et ces arbres de Judée dont j'aimais tant à lécher les pieds!... Et je me résignerais à habiter cette ignoble caverne que vous allez me faire construire!... - Je suis habitué au grand air, moi! Il me faut du vent, du soleil, de la pluie, de la liberté enfin! C'est la santé, ça, voyez-vous ! Et je sens bien que je ne saurais vivre dans ce froid souterrain, sorte de sépulcre où l'on a la prétention de me jeter avant ma mort... et probablement pour l'avancer !
- Mais vous êtes immortel ! fit observer le maire d'une voix tantôt grave et tantôt flûtée qui n'avait rien d'harmonieux.
- Ça n'empêche pas de vieillir. J'ai des rhumatismes, je deviens goutteux. Un changement pareil dans mes habitudes, et je suis un homme, fini !
- Revenez demain. D'ici là...
- Je ne puis pas rester ainsi sur le pavé... Permettez-moi un emploi.
- Dame ! si vous n'êtes pas trop ambitieux ... Mais une divinité comme vous, ça ne doit pas être commode à placer ?
- Au contraire, j'ai des goûts simples. Donnez-moi un débit de tabac.
- Nous n'en avons plus de disponible.
- Ah ! Diable !
- Mais, si vous voulez me promettre de ne jamais mal parler de l'abside de Saint-Pierre que j'ai enterrée sans sourciller, je vous donnerai l'emploi qui vous convient.
- Je vous promets de garder le silence.
- Eh bien ! voulez-vous une place de balayeur ?
- Très volontiers... Je craignais tant de finir mes jours à l'hôpital.

Et l'ex-dieu sortit pour aller acheter un balai.

Gaston LAVALLEY

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Re: Sur le chemin des Odons, la "Venise" normande

Message non lupar solcarlus » 30 déc. 2018, 13:11

Merci pour ce conte de Noël. Bonnes fêtes à vous.


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